PETIT GUIDE DU « NON-SPORT COLLECTIF »

Que ce soit dit une fois pour toutes : JE NE SUIS PAS « SPORTIVE ».

Et ça ne date pas d’hier : je ne l’ai jamais été . Je ne suis tout simplement pas née pour ça. Pire, j’ai toujours eu beaucoup de méfiance à l’égard du sport en général. A dix ans déjà, en justaucorps rose, en tenue de tennis ou avec un bonnet de natation, mon inaptitude structurelle pour les activités physiques était une évidence. J’ai compris très tôt que le sport ne serait pas mon ami, qu’il faisait mal, qu’il faisait transpirer aussi et pire que tout, qu’il faisait friser !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, être « non sportive » n’est pas une solution de facilité et peut générer un sentiment de culpabilité aussi tenace que des courbatures après un marathon… Et je sais de quoi je parle parce que j’ai passé toute mon enfance et même plus, à m’excuser de détester le volley, le basket, le ski, la natation ou le jogging (à l’époque, le running n’existait pas). Alors, vous pouvez me croire quand je vous dis que dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, penser autrement, c’est déjà faire un sport de combat !

Et puis, il y quelques années, sept je crois, c’était en septembre (autre mois réservé à la prise de résolutions) mon Chouchou et moi nous sommes inscrits dans une salle de sport à côté de la maison, ouverte tous les jours de 6h à 23h.  Si je donne ces précisions, ce n’est pas pour faire la promo de cette salle mais parce que ce sont la proximité et les horaires d’ouverture qui ont déclenché le passage à l’acte : ça promettait d’être facile… Voilà donc comment tout a commencé, avec détachement et paresse…

Ensuite, des copines m’ont rejoint : mamans de l’école, voisines du quartier… Nous n’étions pas véritablement tentées par le sport en tant que tel, mais partantes pour nous retrouver une à deux fois par semaine, pour défaire et refaire le monde, debout sur un elliptique, assise sur un bike ou allongée sur un tapis en faisant des abdos. Je ne crois pas mentir en disant que nous avons toutes progressé sans vraiment le faire exprès.

Il y a un peu plus de trois ans, je ne sais plus laquelle d’entre nous avait évoqué notre éventuelle participation à la Prom Classique (10km).  Je me souviens parfaitement de ma réponse à sa proposition : JAMAIS ! (Note à moi-même : ne plus jamais dire jamais … jamais).

On l’a faite. Même moi, avec mon allure de tortue et ma démarche en canard…

Anne et Céline ont recommencé cette année encore et en réalisant des chronos dont elles peuvent être fières : une heure ! (Mention très spéciale pour Céline qui six mois plus tôt, s’achetait ses premières chaussures de running presque sous la contrainte…).

Alors où je veux en venir ?

Et bien je voudrais simplement dire qu’on peut être non-sportive dans l’âme et dans le corps mais faire du sport quand même. On en fait pour rire, à plusieurs, sans en avoir l’air, sans le faire exprès ou sans le savoir. On en fait en cachette pour éviter la pression et les questions. On télécharge une appli de marche, une playlist qui fait chanter et on fait exprès de louper son bus… Le soir, on jette un oeil à son podomètre et on se fait la holà toute seule dans sa salle de bains.

J’avoue, j’ai beaucoup de chance parce que depuis trois ans maintenant j’arrive à me caler entre 45mn et une heure de sport pratiquement tous les jours. Je ne crois pas pouvoir dire que j’aime le sport, en revanche, je suis sûre d’être régulièrement fière de moi et surprise de réaliser des choses dont je ne me pensais pas capable (Notamment courir 10km même si je finis avec la voiture balai ou devenir une accro du gainage).

Hier matin à sept heures, j’ai enfilé mes chaussures de running (et des vêtements aussi bien sûr…) ; j’ai couru en longeant les voies du tram (loin des pots d’échappement) et je suis allée jusque sur la coulée verte faire des fractionnés (histoire de voir si la tortue en fin de vie a une marge de progression…). En rentrant chez moi, je repensais au chemin parcouru (pas en termes de km mais en termes d’évolution de mode de vie) et je me disais que ce que je venais de faire, c’est-à-dire courir une demie heure seule à 7h du matin (à ne pas reproduire, le long d’un ravin et en rase campagne…), je le devais beaucoup à mes copines.

Alors merci les filles !

Sans ce collectif motivant de non-sportives que nous formons, nous n’aurions sans doute pas intégré le sport dans nos quotidiens respectifs et cela aurait été bien dommage parce que nous nous serions privées de trois plaisirs au moins :

  • Celui d’être ensemble
  • Celui de nous faire du bien
  • Et celui de voir que nous pouvons encore progresser

Le morceau du jour est une reprise envoûtante d’une chanson que tout le monde connaît. Merci à Samantha de me l’avoir faite écouter un samedi soir sur la terre et à minuit… #playlistrunning

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2 commentaires

    1. Non, je t’assure que non. Des sportives, j’en connais. Elles ont l’effort dans le sang, elles aiment ça. Moi ce que j’aime c’est quand ça s’arrête et aussi le moment partagé avec des copines (ou avec mon chouchou). Et toi ?

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