En réponse à ses insomnies

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Alors toi, tu me scies : tu m’envoies un message en pleine nuit, aussi juste que bien écrit et tu voudrais que je te réponde. Mais qu’est ce que je pourrais rajouter vu que tu as tout dit et tout compris ?

Ambitieuse, perfectionniste, hyperactive, talentueuse… Je veux bien croire qu’il soit difficile de vivre avec toi. Et d’ailleurs, si je peux être tout à fait sincère, je me suis souvent demandée comment toi-même tu te supportais…

Pour le reste, désolée, mais on ne va pas en faire une histoire. En tous cas moi, je n’en ferai pas.

Tu voudrais qu’on on parle de quoi au juste ? De ces quelques jours, huit au max (soit cent-quatre-vingt-douze heures), pendant lesquels tu as pensé à un autre mec que le tien ? Parce que, à part ça : rien ! Nada, walou, que’tchi ! Même pas un petit sms « casse-gueule » en pleine nuit, après une soirée arrosée !

Et tu voudrais qu’on en parle ? C’est pas la fin du monde et c’est pas la fin de l’amour non plus. Au contraire.

Si tu veux mon avis, la solution n’est pas de s’attribuer des responsabilités à tours de rôles, en jugeant que l’un est trop comme-ci et que l’autre est trop comme-ça. La solution n’est pas non plus de rechercher un coupable ou deux. En tous cas pas là où on aurait tendance à le faire, c’est à dire dans le couple. La solution, c’est peut-être juste d’accepter pour comprendre.

En l’occurrence, que faudrait-il accepter ?

Pour commencer, accepter que le temps joue contre nous. En être conscient ne suffit pas, ne vaccine pas. Les années passent, nous repassent et repassent l’amour aussi. Les reliefs s’aplatissent, les couleurs s’affadissent et les sentiments refroidissent.

Accepter ensuite, que vivre avec un gentil est au final plus risqué qu’on le croit. On pourrait lui en vouloir parfois de ne pas être un mauvais garçon mais ce serait une erreur : son seuil de tolérance est élevé certes, mais une fois qu’il est atteint, les décisions du gentil sont radicales et irréversibles. C’est d’ailleurs ce qui le rapproche de la femme et le différencie du « mou ». Ce dernier n’ayant, par définition, aucun seuil de tolérance.

Accepter enfin, que nous sommes toujours un peu princesses au fond. C’est à dire toujours prêtes à voir un prince derrière un crapaud, toujours susceptibles d’être séduites par un inconnu. Qu’il soit « bel » ou pas, on s’en s’en fiche : le mystère qui l’entoure suffisant généralement à nous emporter très loin dans nos rêves de petites filles.

Ah ! Si seulement on ne nous avait pas rempli le crâne de culpabilités en tous genres, nous gérerions sans difficulté, les yoyos que font nos cœurs parfois…

Parce que, c’est pas de ta faute si tes pensées étaient ailleurs et avec un autre pendant quelques jours. Et ce n’est pas davantage celle de ton mec. C’est juste la faute au temps, à la vie et à notre besoin de rêver. C’est la lumière, le décor, le casting, un scénario qui s’écrit tout seul et qui ne demande rien, même pas qu’on le joue. C’est la tête qui parle au cœur et lui rappelle qu’il bat.

J’imagine que tu as dû passer du temps à te préparer l’autre soir et qu’il t’a fallu des heures pour retrouver une robe sous ta pile de jeans. J’imagine aussi le brush, le maquillage, les chaussures, le parfum… Toutes ces choses qui ne servent plus à rien quand on se sait aimé.

C’était une bonne idée ce resto en tête à tête. Tu as eu raison de l’organiser. Nombre d’entre nous seraient tombées sans trop de résistance dans le piège de l’inconnu fantasmagorique, pas toi.

Je vais te laisser le mot de la fin, ma poulette, parce que tu viens de me l’envoyer et que je ne trouverai rien de mieux à dire :

« C’était trop bien l’autre soir au resto. On a beaucoup parlé. J’ai un mari génial. Aucun doute : c’est bien lui l’homme de ma vie ».

Tout ça pour ça !

 

 

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4 commentaires

  1. On a bien le droit d’avoir des doutes et cela nous permet de nous rassurer quand on arrive à cette conclusion : c’est bien lui l’homme de ma vie !
    Plus de restau plus souvent

  2. Mon mari appelle ça « la liberté intellectuelle du cœur ».
    En gros : chercher à freiner ses pensées et ses émotions est vain. Non seulement il faut se sentir libre d’en avoir, mais en plus, il faut laisser l’autre libre d’en avoir aussi, et ne pas en avoir peur.
    Selon lui, c’est quasiment mission impossible, pour un homme, d’avoir une relation strictement amicale avec une femme, sans avoir de temps en temps ce type de pensées qui traversent plus ou moins furtivement l’esprit. Même sans être dans un processus avancé de séduction.
    En fait, je crois que c’est un peu pareil pour une femme, mais bon, chut.

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