Don d’organes : la vie d’avant et les vies d’après

palawan

DITES MOI UN PEU, le don d’organes, vous vous êtes déjà posé la question ? Pas facile, n’est ce pas ? Surtout que pour y répondre, il faut commencer par envisager sa propre mort. Et prématurément, en plus. Je ne lui ai jamais demandé si Elle y avait pensé, « avant ». Voici son histoire…

La vie d’avant

Elle a beaucoup voyagé mais elle dit souvent que le seul continent qui la touche, c’est l’Asie. Le seul où elle ait la sensation étrange d’être chez elle. Thaïlande, Birmanie, Malaisie, Vietnam, Palawan… C’est un sentiment d’appartenance qui ne s’explique pas, comme une filiation, un héritage, si puissant que les raisonnements les plus cartésiens n’y résistent pas. Mais elle sait, au plus profond d’elle même, que dans une autre vie, elle était de là-bas, quelque part, en Asie. Elle a traversé ces pays plusieurs fois, à deux souvent et seule aussi, se nourrissant de la spiritualité débordante de leurs habitants et de leurs paysages. Elle y a ouvert son cœur de mère et celui de sa fille, à des lumières inconnues jusque là.

Ensemble, elles y ont emprunté des chemins que la plupart des touristes ignore. Elles y ont rencontré ces gens qui n’ont rien mais qui offrent tout et le sourire en plus. A deux elles y ont trouvé le courage qui aurait pu leur manquer parfois, celui de rire et de vivre jusqu’à ce que peut-être un jour, ça fasse trop mal ou que ça s’arrête. Là bas, ensemble, elles ont trouvé toutes les réponses ou presque. Et la sagesse d’accepter que parfois, il n’y aurait pas de réponse.

Les vies d’après

Quinze ans qu’ensemble elles faisaient des bras d’honneur au destin. Quinze ans à s’acharner à vivre dans la lumière. Et quinze ans pourtant que le ciel menaçait de leur tomber dessus.

Une nuit, il est tombé. Et il n’a pas voulu repartir les mains vides. Une nuit, le médecin s’est approché, vide et révolté lui aussi par cette vie qui marche à l’envers parfois ; ces enfants qui partent avant leurs parents. Il est venu et il a trouvé la force de lui poser  « LA QUESTION » :

« Est ce que vous nous autorisez à prélever les organes de votre fille ? »

Ce n’était pas que le ciel qui lui tombait dessus, c’était la foudre aussi.

Alors quoi ? Répondre que ce n’était pas le moment ? Qu’elle y réfléchirait plus tard ? Quand elle aurait fini d’en vouloir à la mort de la laisser sur terre ? C’est à dire jamais…  Non, ça n’était pas elle.

Et ça n’était pas « ELLE« , non plus, parce que du haut de ses quinze ans, cette gamine incroyable avait déjà la générosité de ceux qui ont souffert et « ELLE » n’aurait jamais manqué une occasion de sauver des vies.

Donc, ce fut « OUI« , comme un cri du cœur et sans attendre. Oui, au nom de sa fille et oui à la Vie même si, même si… Et « ELLE » en sauva trois, des vies. Ce fut « OUI » pour tout… « sauf le cœur » a demandé la maman :

« Parce qu’un jour on se retrouvera et c’est à nos cœurs qu’on se reconnaîtra ».

Pour toutes celles que le sujet touche, voici le lien vers la Fédération des Associations pour le Don d’Organes et de Tissus Humains.

Et n’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires…

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7 commentaires

  1. J’ai vraiment le texte sur le Don organe, éprouvant magnifique et poignant…. Cela me touche car ma fille a 14 ans et cela pourrait être nous… Tu écris si bien c’est si beau :

  2. Pour connaître intimement cette histoire …. cette maman est remplie d’une force inhumaine et d’une dignité dont il est peu fréquent de rencontrer. Ces mots la décrivent divinement… quant à ELLE « du haut de ses quinze ans » comme il est écrit, ELLE pourrait donner une leçon de vie, à nombreux d’entres nous…❤️

  3. Whaou ! Beau témoignage
    À savoir que nous sommes tous donneurs sauf si on le refuse expressément auprès d’un proche ou sur le site http://www.dondorganes.fr/
    On peut aussi confirmer sa volonté d’être donneur et on reçoit une carte à garder dans son portefeuille. C’est ce que j’ai fait il y a déjà bien longtemps. Mais c’est bien sûr plus facile de prendre cette décision pour soi même que pour son propre enfant

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